Le test respiratoire SIBO (ou breath test)
Si tu t’intéresses au SIBO, tu as probablement entendu parler du test respiratoire.
Je sais qu’il y a de quoi être un peu perdu entre les différents labos, les substrats, les résultats à interpréter… Alors dans cet article, je t’explique tout ce que tu dois savoir sur ce test, de A à Z.
C’est quoi le SIBO/IMO, exactement ? 🧐
Si tu ne sais pas encore ce qu’est le SIBO (ou l’IMO), j’ai écrit un article complet sur le sujet — je t’invite à le lire en premier, ça t’aidera à mieux comprendre la suite.
Comment on le détecte ?
L’examen le plus accessible et le moins invasif, c’est le test respiratoire, aussi appelé breath test, que je t’explique plus bas.
D’autres méthodes existent pour confirmer sa présence.
Notamment la culture d’aspiration jéjunale : on prélève du liquide directement dans le grêle lors d’une endoscopie, et on analyse sa teneur bactérienne.
Résultat très fiable, mais l’examen est invasif, coûteux et difficilement accessible. En pratique clinique courante, on ne le fait quasiment jamais.

Comment fonctionne le test respiratoire (breath test) ?
Quand les bactéries de l’intestin grêle fermentent des sucres, elles produisent des gaz (hydrogène H2 et/ou méthane CH4). Ces gaz passent dans le sang, remontent jusqu’aux poumons et sont expirés dans ton souffle. Il suffit donc de mesurer leur concentration dans ton haleine pour détecter une activité bactérienne anormale.
Voici comment se déroule concrètement le test :
Tu commences par souffler dans un tube à jeun — c’est la mesure basale, le point de départ.
Ensuite, tu bois une solution sucrée contenant soit du lactulose, soit du glucose (j’y reviens juste après). Puis, toutes les 15 à 30 minutes pendant 3 heures, tu souffles à nouveau dans des tubes. À chaque souffle, on mesure les concentrations d’hydrogène et de méthane. Si elles dépassent certains seuils à des moments précis, c’est un signal positif pour le SIBO.

Où faire ce test ? Quel est son prix ? 💸
Le test peut se faire à l’hôpital, ou à la maison avec un kit envoyé par le laboratoire.
En séance, j’oriente souvent vers deux options pour faire le test à la maison : le laboratoire LIMS (qui nécessite de passer par un praticien pour la prescription) ou SYNLAB, accessible directement à tous.
Il existe bien sûr d’autres laboratoires proposant ce test, mais la fiabilité peut varier… mieux vaut bien se renseigner avant.
Quant au prix : il faut compter entre 100€ et 150 € selon le laboratoire.
Le test peut parfois être partiellement pris en charge s’il est prescrit par un médecin (pas dans tous les labos).
Lactulose ou glucose : quel substrat choisir ?
C’est une question qui revient souvent. Les deux sucres sont utilisés comme substrats dans le test, mais ils ne se comportent pas de la même façon dans ton intestin.
Le glucose est absorbé très rapidement dans la première partie de l’intestin grêle. Résultat : il détecte bien les SIBO de cette partie de l’intestin, mais peut passer à côté d’une prolifération plus en aval.
Le lactulose, lui, n’est pas absorbé par l’intestin humain. Il traverse tout le grêle et arrive jusqu’au côlon, ce qui permet de détecter des proliférations sur l’ensemble du trajet.
👉 C’est pourquoi je recommande généralement le lactulose : il couvre une zone plus large (mais il peut être source de faux positif, un œil expérimenté sur les résultats est donc important, et parfois un deuxième test peut être nécessaire).
La préparation ESSENTIELLE du test respiratoire
Un test mal préparé peut donner un résultat faussé. Et vu le prix du test, ça serait vraiment dommage… 😅
Les conditions à respecter avant le test sont non négociables (et non exhaustive ici) :
Dans les 4 semaines précédant le test, tu ne dois pas avoir pris d’antibiotiques, ni de probiotiques la semaine avant le test (ils modifient le microbiote et peuvent fausser les résultats).
Dans les 48h, un régime alimentaire spécifique est à suivre à la lettre : on évite tous les aliments fermentescibles (très peu d’aliments autorisés).
Chaque laboratoire fournit son protocole de préparation détaillé avec le kit. Lis-le en entier, et si quelque chose n’est pas clair, demande à ton praticien avant le jour du test.
Tu peux par exemple trouver les conditions préparatoire du test SIBO de chez LIMS ici.
Ce que le test mesure — et ce qu’il ne mesure pas
Le test respiratoire standard mesure deux gaz : l’hydrogène (H2) et le méthane (CH4).
Ces deux marqueurs correspondent à deux profils distincts.
Un excès d’hydrogène est le profil classique du SIBO à bactéries productrices d’H2, souvent associé à des diarrhées ou un transit accéléré.
Un excès de méthane correspond plutôt à ce qu’on appelle désormais l’IMO (Intestinal Methanogen Overgrowth) — une prolifération d’archées, pas de bactéries, qui produit du méthane et ralentit le transit. Ce profil est souvent derrière des constipations tenaces.
Mais il existe un troisième gaz que le test standard ne mesure pas : l’hydrogène sulfuré (H2S).
L’H2S peut pourtant être responsable de symptômes très parlants : des gaz à odeur d’œuf pourri, du brouillard mental, des diarrhées fréquentes. Si tu te reconnais dans ce tableau mais que ton test respiratoire revient négatif, l’H2S peut être une piste à explorer.
Dans ce cas, c’est le bilan clinique global fait en séance qui permettent d’orienter (et si besoin des analyses complémentaires).
Exemple d’un résultat de test SIBO 📈

Sur ce graphique (exemple issu du laboratoire LIMS), on voit la courbe H2 (en bleu) monter significativement dès 20 minutes après l’ingestion du lactulose — bien avant la zone de transition intestin grêle / côlon.
C’est précisément ce pic précoce qui oriente vers un SIBO : les bactéries présentes dans le grêle fermentent le lactulose avant qu’il ait eu le temps d’atteindre le côlon.
La courbe CH4 (en rouge) reste basse et stable tout au long du test, ce qui écarte un profil IMO ici.
La zone de transition (entre 90 et 120 minutes) marque le moment où le lactulose arrive dans le côlon — tout pic après cette zone est donc considéré comme normal.
Un résultat négatif = pas de SIBO ?
Pas forcément. Le test respiratoire, même bien réalisé, peut générer des faux négatifs.
Plusieurs raisons à ça :
La préparation n’a pas été respectée à 100 %. La prolifération est localisée dans une zone que le substrat choisi n’a pas bien couverte. Ou encore : il s’agit d’un SIBO à H2S, que le test standard ne détecte tout simplement pas.
✅ Un résultat négatif est une information, pas une conclusion définitive. Si tes symptômes persistent et parlent fort, ça vaut la peine de creuser davantage en séance, d’analyser le contexte clinique et d’explorer d’autres pistes
À quoi sert le test dans la pratique ?
Le test respiratoire ne sert pas uniquement à confirmer (ou non) le SIBO. Il sert surtout à orienter le protocole.
Selon le type de gaz produit, le profil de la courbe et la temporalité des pics, l’approche sera différente : antibiothérapie ciblée, antimicrobiens naturels, adaptation du régime alimentaire… 📝
Le travail ne se résume pas à prendre des compléments. Il inclut aussi de comprendre pourquoi le SIBO s’est installé : motilité intestinale ralentie, production d’acide gastrique insuffisante, stress chronique, antécédents d’antibiotiques… et ainsi éviter les rechutes.
C’est exactement le travail qu’on fait ensemble en séance : identifier les causes sous-jacentes, choisir la stratégie adaptée à ton profil, et avancer étape par étape. 🕵️♀️
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